Le 26 mai 2012, plus de 100 millions de téléspectateurs suivront la retransmission du concours Eurovision de la chanson en direct d’Azerbaïdjan. L’organisation de cette compétition à Bakou fait polémique : l’ancienne république soviétique est sous la coupe d’une dictature, les droits de l’homme y sont bafoués et elle compte parmi les cinquante pays les plus corrompus du monde. Quant à l’opposition azérie, elle tient à ce grand barnum : c’est l’occasion d’exercer une pression internationale sur le gouvernement pour obtenir plus de démocratie. Quelle est la situation dans la capitale azérie ? Quelles sont les motivations des jeunes ? Comment vit-on à Bakou, loin du strass et des paillettes de l’Eurovision ? Yourope s’est rendu sur place.
Les droits de l’homme, une notion toute théorique
Le gouvernement azéri n’a de cesse de souligner combien l’Azerbaïdjan est un pays libre, démocratique et européen. Mais dans les faits, il en va tout autrement : le pouvoir est autoritaire, les policiers et les indics sont omniprésents. Et l’on n’hésite pas, au besoin, à jeter arbitrairement en prison les opposants et ceux qui critiquent le régime.
Bakou : une ville en plein essor, coûte que coûte
Bakou veut être la Dubaï de l’Europe. En dix ans, grâce à l’extraction pétrolière, l’Azerbaïdjan est devenu riche. Les constructions fleurissent, les gratte-ciel rivalisent de hauteur. Mais pour mener à bien ces projets, il faut de l’espace. Conséquence, des quartiers entiers sont démolis, et les habitants expropriés ne reçoivent qu’une compensation dérisoire.
Le pétrole – une manne qui ne profite qu’à quelques personnes
Si l’économie azérie atteint des taux de croissance oscillant entre 5 et 10 %, elle le doit presque exclusivement à ses immenses réserves pétrolières et gazières. Pourtant, rares sont ceux qui profitent de cette richesse. Les compagnies pétrolières versent un salaire de misère à leurs employés et sacrifient la nature sur l’autel de l’or noir.
La musique de la liberté : le jazz en Azerbaïdjan
Le choix de Bakou pour accueillir le concours Eurovision de la chanson suscite un formidable engouement en Azerbaïdjan où la population est friande de pop. Mais outre ce style musical et les chansons traditionnelles, le jazz jouit d’une grande popularité à Bakou. Et contrairement à la situation dans beaucoup d’autres pays d’Europe de l’Ouest, le jazz n’y est pas l’apanage de quelques passionnés, et est apprécié par de nombreux jeunes.
Retour sur les faits : Azerbaïdjan
Quelle est la situation dans la capitale azérie ? Comment vit-on à Bakou, loin du strass et des paillettes de l’Eurovision ? 